Festivals & éco-responsabilité, exemples à suivre…

« Festivals : Orléans doit devenir responsable ! » IL y a un peu moins d’un an, mi-juillet 2013, Jean-Philippe Grand interpelait par un article sur son blog la majorité municipale pour qu’enfin les grands événements musicaux orléanais fassent preuve de responsabilité. Dans une ville qui s’honore de son agenda 21 et d’un engagement en faveur du développement durable exemplaire, ce serait en effet la moindre des choses. Quelques jours plus tard, Gérard Poitou relayait dans Mag’Centre (« Les poubelles du Festival de Jazz d’Orléans ») les insatisfactions de l’association ABCD quant à la gestion des déchets du buffet du festival de Jazz.

Ce week-end, la nouvelle édition du festival We Love Green a lieu dans le parc de Bagatelle à Paris. Avec toujours les mêmes engagements pour un festival « green » : scénographie recyclée/recyclable, énergie verte, sensibilisation à la préservation de la ressource en eau, restauration bio et locale, tri et compostage des déchets, mesure de l’impact et bilan carbone… Mais aussi accès en vélo facilité (bornes vélo à proximité et vestiaire gratuit pour les cyclistes), co-voiturage avec Djump!, accessibilité pour les personnes à mobilité réduite (accueil dès leur arrivée et estrade surélevée face à la scène)…

Pour avoir assisté à la précédente édition, je peux témoigner d’une approche environnementale pour le coup véritablement concrète. La démonstration par l’exemple qu’il est possible de s’engager sans faux-semblants sur la voie éco-responsable. Puissent Stéphanie Anton et Nathalie Kerrien profiter de l’ambiance du parc de bagatelle samedi et dimanche, avant d’assister, dans moins de 3 semaines, aux concerts du festival de Jazz d’Orléans. Ce sera sans nul doute l’occasion de constater qu’il n’est pas si compliqué de se mettre en cohérence avec des engagements en faveur de la responsabilité écologique et sociétale, mais peut-être aussi malheureusement le fossé qui sépare encore à la ville d’Orléans les réalisations des déclarations en faveur du développement durable.
Sans aller jusqu’à Paris, les deux élues pourront aussi participer à la 6e édition du festival Les Ingrédients (6-7 juin au parc de Bel Air à Ingré) qui, grâce à l’association Alternative nomade, ne manque pas non plus d’idées pour se mettre en cohérence avec une démarche effectivement écologique et citoyenne.

Ingredientsecofestival

Communiqué du groupe local EELV d’Orléans / Piscine découverte de La Source

Entretien des équipements sportifs : les négligences de deux mandats pèseront lourdement sur les loisirs et les vacances des Orléanais.

Il aura fallu bien peu de temps pour que la réalité mette à mal les promesses de campagne de la majorité. Nous découvrons aujourd’hui que faute d’entretien un équipement majeur fera défaut aux Orléanais cet été, et probablement à jamais.

Cette situation n’a rien d’accidentel, elle est ancienne et résulte d’un manque d’anticipation quant à la maintenance des équipements municipaux.
Il est d’ailleurs à craindre que cette piscine ne soit que le précurseur d’une vaste cohorte d’équipements sportifs dont l’état de vétusté est tout à fait comparable… Quelle sera la prochaine fermeture ?

L’abandon de cette piscine est d’autant plus désespérant qu’il s’agit d’un outil indispensable pour de nombreux clubs sportifs, mais aussi et surtout de l’un des rares équipements de détente pour de nombreux habitants qui ne peuvent partir en vacances. Un lieu de destination et de rencontres, fédérateur du vivre ensemble.
Comment penser minimiser l’impact de cette fermeture en promettant de remplacer une semaine de piscine découverte par 3 heures supplémentaires d’une piscine couverte, aux créneaux déjà saturés, et dans un état de vétusté pas si éloigné ?

Plus que les projets grandiloquents, les équipements de quartier créent des liens sociaux en permettant rencontres, échanges, pratique sportive, apprentissage. Ils offrent des moments de mieux vivre chaque jour, tout au long de l’année.
La piscine découverte de la Source savait faire tout cela. Il était inconséquent de ne pas l’entretenir, il serait irresponsable de la condamner.

Communiqué du groupe EELV d’Orléans
Estelle Touzin et Jérôme Beyler
co-porte-parole

La nouvelle xénophobie européenne

La tendance était annoncée, et la plupart des grands médias se délectaient déjà de l’impact d’audience que cette annonce du FN en tête du vote allait provoquer.
Coup de semonce médiatique attendu et craint, qui reste pourtant bien difficile à supporter par les raccourcis et les simplismes qu’il véhicule, les gros titres donnant au parti d’extrême droite une nouvelle occasion de ces tribunes populistes qu’il affectionne.
Dans de nombreux pays européens ces dernières années, des partis extrémistes avaient ainsi profité de situations de précarité sociale pour prospérer. J’espérais que la France resterait à l’écart de ce type de vague électorale contestataire qui se fourvoie dans les explications réductrices et caricaturales, dont le moteur est d’abord de désigner des boucs émissaires.
Que ce message des eurosceptiques prenne aujourd’hui en France la première place est un désastre politique, une grande confusion sur ce qu’est la construction européenne, sur ce qu’elle nous a apporté et sur le rôle bénéfique qu’elle doit jouer. Reste ainsi de cette amère soirée électorale un vertige, la crainte de s’enfoncer dans une spirale négative qui aspire tout le monde vers l’inquiétude et le repli sur soi, même si ce mouvement a heureusement été infléchi dans beaucoup d’autres pays européens. Lire la suite

Eloi Laurent, « Le bel avenir de l’État providence »

Introduction / Protéger l’État providence (parce qu’il nous protège !)

Déboussolée par sept années d’une crise qu’elle n’a ni vu venir ni su contenir, l’Europe est sur le point de commettre une faute historique : démanteler l’État providence. Deux idéologies en apparence éloignées sur le spectre politique unissent aujourd’hui leurs forces pour tenter de convaincre les citoyens du Vieux continent du reflux prochain, à vrai dire déjà en marche et de toute façon inéluctable, de leur protection sociale.
Le premier discours est le mieux connu et le plus convenu : le néolibéralisme le plus simpliste et le moins bien informé ne conçoit le développement économique que comme un jeu à somme nulle entre un état prédateur et un marché libérateur. Plus les dépenses sociales sont élevées, plus elles étouffent le dynamisme économique. Il faudrait donc libérer nos forces vives de l’emprise mortifère de l’État-providence pour retrouver l’oxygène de la croissance.
Le second discours est plus neuf et, à certains égards, plus dangereux. Symptôme de la nouvelle xénophobie européenne, il prétend défendre l’État-providence au nom de la haine de l’autre. Fantasmant un arbitrage d’airain entre solidarité et diversité, il martèle que les Européens ne peuvent plus s’offrir le luxe de la générosité sociale indiscriminée. Seul un tri, sur une base ethnique, entre les autochtones méritants et les intrus profiteurs permettrait de préserver la solidarité nationale. »

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Réenchanter le monde : l’architecture et la ville face aux grandes transitions

Réenchanter le monde / Architectures, ville, transitionsOuverture demain à la Cité de l’architecture et du patrimoine (Paris, Place du Trocadéro – Palais de Chaillot) d’une « exposition-manifeste sur l’avenir du monde habité », conçue avec les architectes lauréats du « Global Award for Sustainable Architecture ». Une interrogation et des réalisations concrètes, par des architectes et des urbanistes, quant aux transitions urbaines, écologiques, démographiques, économiques, énergétiques qui s’effectuent en ce moment, sous nos yeux, et dont le pouvoir politique ne semble pas encore prendre la mesure, en tout cas à la hauteur des enjeux.

« Au fil des années, ces architectes ont formé et animent une scène de recherche et de mise en question, reconnue dans le débat mondial sur les grandes transitions et leur effet sur la condition des hommes. (…) Du premier ébranlement de 1974 à la crise systémique de 2008, ce ne sont pas de simples secousses qui ont freiné le cours des choses mais une rupture d’ampleur qui s’est produite. Elle sépare un siècle qui fonda sa vision du progrès sur l’exploitation de ressources pensées inépuisables, d’un XXIe siècle qui doit d’abord se demander de quel « progrès » nous avons besoin, pour rechercher des alternatives. » Lire la suite

Vélotour #2 – pour ceux qui auraient un goût de trop peu…

Si la modeste dimension du parcours du Vélotour 2014 vous laisse sur votre faim, rien ne vous empêche de rejoindre la 4e édition de la rando vélo rétro que les ambitieux angevins organisent cette année à Saumur les 28 & 29 juin. Un événement d’une autre ampleur apparemment, qui mêle festivités, balades, visites entre châteaux et vignobles… 4 parcours de 30 à 150 km, des critériums à l’ancienne, brocantes, vélos de collection… Une soirée guinguette « dans la plus grande tradition du cabaret populaire » et une centaine d’animations dans une ambiance « conviviale et décalée ». Un hommage au vélo qui relègue le Vélotour orléanais au rang d’une manifestation quelque peu timide.
Inscriptions sur www.anjou-velo-vintage.com

AVV2014_Affiche

2650 participants et 20000 visiteurs en 2013, 30 sites touristiques et 56 communes visitées… Lire la suite

« Du berceau à la retraite, le marketing veille sur vous »…

La Vie marchandise, de Bernard Floris & Marin Ledun

De Paris à New York, de Tokyo à Sydney : partout les mêmes marques, les mêmes modes, les mêmes fast-foods ou les mêmes hypermarchés. Toujours plus de produits, avec une durée de vie toujours moindre. Luxe, hard-discount, low-cost, tout le monde doit pouvoir participer à la grande braderie. Et se croire toujours gagnant ! Le client est roi, non ?

Depuis une cinquantaine d’années, le marketing, bras armé des firmes multinationales, s’est constitué en véritable machine à fabriquer des consommateurs en série. Il a organisé l’invasion de nos vies par les marchandises. Individualisation, uniformisation, insatisfaction, gaspillage, dépolitisation et destruction écologique sont les conséquences de ce tout-marketing.

Dans ce livre manifeste contre la tyrannie du marketing, Bernard Floris et Marin Ledun déconstruisent les techniques d’une industrie planétaire qui exploite nos pulsions et manipule nos désirs depuis notre plus jeune âge. Ils racontent ici l’histoire et les coulisses de cette fabrique qui nous conduit, malgré nous et avec notre consentement, à adopter la culture de la consommation et le mode de vie « marchandisé ». Mais sommes-nous réellement des marchandises ?

Bernard Floris est maître de conférences à l’université Stendhal Grenoble 3. Marin Ledun est docteur en sciences de l’information et de la communication et romancier. Ils sont les auteurs avec Brigitte Font Le Bret de Pendant qu’ils comptent les morts publié en 2010 par Les Éditions La Tengo.

Vélotour 2014, mini-parcours décalé en avant-première

Parcours imagé des difficultés de déplacement sur cette petite boucle censée faire la promotion du vélo en ville…

Ou : passer d’un point à un autre des lieux mis en avant par le Vélotour 2014 à Orléans, pour un cycliste au quotidien et dans les conditions normales de circulation, cela donne quoi ?

À Orléans, le vélo reste dans l'ombre des voitures, et Vélotour ne prends pas la direction des aménagements vertueux…

À Orléans, le vélo reste dans l’ombre des voitures, et Vélotour ne prends pas la direction des aménagements vertueux…

Ce petit parcours a été effectué avant que les flèches roses, apparues hier matin, ne donnent la direction précise à suivre. Il s’agissait donc simplement de chercher à relier les points d’attraction mis en avant, et d’évaluer concrètement la qualité des déplacements à vélo dans notre ville…
En se lançant dans les rues orléanaises, on constate bien vite que hors animations exceptionnelles et festives du Vélotour, la vie du cycliste est plus morne et dangereuse qu’il ne faudrait ! Les spots touristiques (Frac, Martroi, musées, théâtre, gare…) sont bien peu accueillants au cycliste éloigné de la « Loire à vélo », et il est difficile de garer son deux-roues correctement, encore plus d’être certain de le retrouver…

Focus sur quelques points remarquables du parcours… Lire la suite

« Pour des villes où l’on aimerait habiter »…

Pourquoi reconquérir les rues ?

Parce que c’est là que se joue, sans qu’on en soit toujours conscient, une grande partie de la qualité de la vie dans une ville ou un village. Il y a des rues où l’on se sent bien, des rues vivantes – sans forcément être commerçantes – où l’on se dit qu’on aimerait bien habiter et élever nos enfants. Et puis il y a des rues qui, à l’inverse, nous semblent mornes, stériles, désertes, et qui malheureusement sont devenues plutôt la norme dans notre pays. Pourquoi ?

Est-ce inéluctable ? Dans ce livre, fruit de ses 30 années d’expérience d’architecte et d’urbaniste, Nicolas Soulier nous montre que c’est, certes, une histoire de voitures, auxquelles on accorde souvent une place disproportionnée, mais pas uniquement. Il nous montre que c’est avant tout une histoire de vie « spontanée », de cadre qui permet à cette vie spontanée de s’exprimer ; que cela tient souvent à des détails, des petites modifications qui, quand elles sont accumulées, peuvent avoir de grands effets.

En France, la situation paraît souvent bloquée, stérilisée, et nombreux sont ceux qui pensent que si le progrès a détruit les rues, il faut s’y résoudre sans nostalgie. Après avoir effectué un état des lieux de nos blocages franco-français, Nicolas Soulier nous montre que cette situation n’est pas inéluctable et que de nombreux exemples de « reconquête des rues » fleurissent à travers le monde. De ces situations exemplaires, prises en Allemagne, en Hollande, en Suisse, au Danemark, en Angleterre, au Canada, aux USA et au Japon, l’auteur tire des conclusions pratiques et propose des pistes d’action pour « reconquérir nos rues ».
Antoine Isambert (Les Éditions Ulmer)

Cf site de Nicolas Soulier : www.nicolassoulier.net