Pas de « jours meilleurs » en perspective pour les sdf orléanais

Orléans, comme Béziers, méprise la notion d’accueil inconditionnel.

Dans la nouvelle campagne lancée par Emmaüs, le maire de Béziers Robert Ménard est directement visé. Mais à Orléans, où les explications de Serge Grouard pour justifier la baisse sans précédent des subventions du Relais Orléanais (l’association ne respecte pas sa mission première d’aide sociale « et fait plutôt de l’humanitaire ») invoquent le même reproche de fournir une aide d’urgence sans distinction, bénéficiant ainsi y compris à des étrangers sans papiers, ce rappel des valeurs portées par l’association fondée par l’Abbé Pierre résonne avec force.

Emmaus-Ménard-Beziers« Emmaüs pratique l’accueil inconditionnel de tous ». Certes, l’affiche met en évidence une carte d’identité française. Mais cette notion d’inconditionnalité va heureusement bien plus loin que cela, comme en témoigne sans la moindre ambiguïté la charte d’accueil et d’accompagnement du mouvement :

En 2014, le Mouvement Emmaüs réaffirme que toute personne – quels que soient son parcours, son origine, sa confession ou son âge – doit bénéficier d’un accueil inconditionnel. (…)
Fidèle à la valeur de l’accueil inconditionnel, le Mouvement Emmaüs accueille donc toute personne qui frappe à sa porte. Ainsi, l’accueil des étrangers, qu’ils soient en cours de régularisation ou sans papiers, demandeurs d’asile ou déboutés, est une valeur fondamentale au sein du Mouvement. En lien direct avec l’action des groupes, Emmaüs France agit en faveur de la défense du droit des étrangers, prend clairement position dans les débats sur l’immigration et initie ou participe aux actions de soutien pour les personnes en situation irrégulière.

Face à l’extrême précarité, cette inconditionnalité est fondamentale. La mettre en cause, c’est tout simplement empêcher les associations caritatives de mener à bien leur mission.

En 1956, suite au célèbre appel de l’hiver 54 face à la situation insoutenable du mal-logement, l’abbé Pierre et les compagnons d’Emmaüs avaient promu le développement d’un habitat léger, économique, confortable, industrialisable utilisant des matériaux de pointe et pouvant être monté en une journée. À l’aide de l’ingénieur-architecte Jean Prouvé fut ainsi lancée la « maison des jours meilleurs », un espoir pour les sans-abris d’une solution d’urgence pour éviter de mourir dans la rue.
Un exemplaire sera monté en sept heures en bord de Seine, et l’accueil du grand public sera enthousiaste. Mais les normes administratives auront raison de l’ingéniosité de Prouvé : le prototype ne recevra pas d’homologation officielle pour la production en série. Le financement du projet par les pouvoirs publics n’était pas non plus acquis. Mais la marque de lessive Persil avait à l’époque décidé de s’engager dans une grande quinzaine publicitaire de « Solidarité Persil”. Une campagne aux retombées timides dans un premier temps, mais dont la générosité explosera avec le succès de l’installation de la maison-prototype : un million de coupons de 10 francs de l’époque au profit des sans-logis retournés dans les jours suivants.
Lorsque la générosité des pouvoirs publics fait défaut, les citoyens prennent parfois le relais… Faute d’agrément administratif, cela aura été vain malheureusement.

À Orléans, la tourmente médiatique liée à la situation du Relais est quelque peu passée. Pour autant, les problèmes ne sont pas résolus et le Relais orléanais n’a pour le moment pas retrouvé les moyens financiers à la hauteur de sa mission sociale et locale incontournable.
Alors pour palier à cette défection politicienne de la mairie d’Orléans, reste la possibilité de faire un don individuel. Ce don donne droit à une réduction d’impôt à ceux qui ont l’avantage d’en payer. Alors n’hésitez-pas… Il ne sera pas facile de combler les près de 20000 € manquants, mais cela permettra aux bénévoles de l’association de mener plus facilement leur combat sans conditions contre la précarité.

AppelDon

Mal de mer

Animation par Olivier Gingras – site www.oliviergingras.com
Musique « Marée noire » de Noem – site www.noem.ca

Merci à Un Monde à l’An Vert, association orléanaise luttant contre le « littering » (abandon de déchets sur la voie publique), d’attirer notre attention sur de telles petites pépites graphiques et sur l’importance de se mobiliser contre le gaspillage, le suremballage, et cette pollution quotidienne qui souille notre espace commun.
http://unmondealanvert.com/
facebook.com/unmondealanvert

Le petit geste qui tue

« Chaque année 6 400 000 tonnes de déchets sont déversées dans les mers et les océans. 1 million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins sont tués par des déchets. »
Petit message ministériel avisé : « L’important, c’est de ne pas participer »…

La rue semble être pour beaucoup un espace-poubelle, où l’on peut jeter mégots, papiers, sans que cela ait la moindre importance. Comme s’il était absolument sans intérêt que notre espace commun soit agréable. Curieux.
J’ai aussi le souvenir récent d’une grande manifestation solennelle et républicaine, que certains ont cru bon de symboliser par un lâcher de ballons bleu-blanc-rouge, déchets volants dont on ne se préoccupera pas, puisqu’ils finiront leur course très loin de nous.

On sait bien pourtant que tout cela aboutit dans les cours d’eau et au final en mer, et notamment dans ce fameux « 7e continent », vortex de courants marins accumulant les déchets plastiques qui polluent les océans et tuent les animaux marins. 8e, 9e, 10e continent… puisqu’en réalité il existe au moins 5 grands « gyres » océaniques à la surface des mers du globe, dont le plus célèbre est celui du Pacifique Nord.
Mais tout cela est trop distant pour que l’on en prenne réellement conscience. Alors que faut-il faire ? Arrêter de nettoyer les rues, pour que chacun se rende compte de l’amoncellement très, très rapidement insupportable de ces petits déchets qui paraissent insignifiants ?

20 ans d’aggravation des conditions de logement pour les plus modestes

fondation-abbe-pierreComme chaque année à pareille époque, la Fondation Abbé Pierre présente aujourd’hui son rapport annuel sur « l’État du mal-logement en France », 20e édition. Présentation publique, au Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris, de 9h à 17h.
Les chiffres mis en avant dans le rapport présenté début 2014 faisaient apparaître que plus de 140000 personnes vivaient dans la rue. Mais aussi que près de 700000 personnes n’ont pas de domicile personnel, et vivent dans des habitations de fortune ou sont contraintes d’être hébergées chez un proche. Nous verrons l’actualisation de ces chiffres avec l’état des lieux 2015, mais comme le souligne la fondation dans sa dernière campagne de sensibilisation, il y a lieu d’être alarmiste puisque le mal-logement progresse sans cesse, notamment dans la catégorie dite des « travailleurs pauvres ».
Même si le précédent rapport avait noté des avancées dans la politique du logement, cet hiver encore la « réponse insuffisante aux besoins immédiats » est criante.

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Le droit au logement opposable n’est toujours pas appliqué, la loi de réquisition de logements vides non plus (on estime à plus de 2 millions les logements vacants), pendant que les expulsions locatives explosaient avec la crise. Le mal-logement progresse ainsi inexorablement, amplifiant la précarité liée à l’emploi.
Les lois SRU (solidarité et renouvellement urbains) puis ALUR peinent à apporter des résultats concrets tant l’inertie et les réticences sont grandes pour faire évoluer le marché locatif. Plutôt que de fragiliser, morceau par morceau, ce qui allait dans le sens de la lutte contre l’habitat indigne, de la prévention des expulsions ou de la maîtrise des hausses de loyers, il faut accélérer le mouvement…
Ce que rappelait la Fondation Abbé Pierre, dans un communiqué du 20 juin 2014, à propos de la Loi ALUR : « Il y a urgence, la loi ALUR doit être appliquée ».

Comment une loi, issue de deux ans de concertation, d’un débat parlementaire de neuf mois, de plusieurs avis du Conseil d’État et d’une décision du Conseil Constitutionnel, pourrait-elle ne pas être appliquée ou ne l’être que partiellement par la majorité qui l’a votée ?
 
La situation du logement se dégrade, la Fondation Abbé Pierre ne cesse de le rappeler et d’en alerter les pouvoirs publics. Mais il serait ridicule d’en faire porter la responsabilité à la loi ALUR qui n’est pas encore en vigueur. De plus, cette loi est justement censée s’attaquer aux dérives qui ont participé à la flambée des prix de l’immobilier, qui ne profite qu’à une minorité au détriment de la majorité des ménages, particulièrement des plus modestes.
 
Il serait donc indécent que les lobbies professionnels qui n’ont eu de cesse de combattre cette loi – et d’en obtenir des assouplissements – soient au final mieux considérés que la représentation démocratique qu’est le Parlement. La Fondation Abbé Pierre, qui s’est aussi impliquée dans le débat, a parfois été déçue, mais en est respectueuse. Elle sera donc vigilante à ce que les décrets permettent l’application effective et rapide de la loi.
 
La loi ALUR comporte en outre d’autres avancées importantes qui ne peuvent être négligées ni retardées, dans des domaines aussi vastes que les rapports locatifs, la lutte contre l’habitat indigne, la prévention des expulsions, les copropriétés dégradées ou encore les attributions de logements sociaux…
 
L’intervention des pouvoirs publics dans une régulation des marchés de l’immobilier, dont le coût est devenu insupportable pour le plus grand monde, est plébiscitée par les Français et fait partie des engagements du président de la République.
 
La loi ALUR doit être appliquée. Elle n’est pas la cause d’une construction en berne dont il faut chercher les solutions ailleurs de façon plus volontaire, notamment en libérant plus vite et moins cher le foncier, par une fiscalité immobilière incitative, une planification urbaine au niveau intercommunal et des financements adaptés aux besoins en logements moins chers.

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Journée mondiale des zones humides 2015 : « Les zones humides pour notre avenir »

JMZH Journée Mondiale des Zones Humides
JMZH, Journée mondiale des zones humides, célébrée chaque année le 2 février pour commémorer la convention internationale sur les zones humides signée le 2 février 1971 dans la ville iranienne de Ramsar, au bord de la mer Caspienne. L’occasion pour divers organismes nationaux et associations locales de proposer des actions de sensibilisation aux enjeux de la protection de ces zones humides, à l’origine de toute la biodiversité, menacées par l’artificialisation des sols et la pollution.

 
Peu de chose au programme dans le Loiret… 2 rendez-vous intéressants à noter tout de même :

 
• Le 6 Février 2015, au Muséum des Sciences Naturelles d’Orléans, une conférence donnée par Bertrand Sajaloli sur la littérature et zones humides : faut-il se méfier de l’eau qui dort?

Bertrand Sajaloli est Maître de conférence à l´Université d´Orléans et membre du Groupe d´Histoire des Zones Humides

• Le 16 Février 2015, à l’Université d’Orléans (Rendez-vous donné lors de l’inscription), L’eau : enjeu majeur du 21ème siècle
Un regard actualisé proposé par l’Association des Masters Geogram d’Orléans.
Réservation obligatoire avant le 6 Février 2015 – E-mail : amgo.univ@gmail.com

 

Je suis triste encore, malgré tout

Bien sûr, il y a cette mobilisation indéniablement historique du week-end qui laisse penser, malgré ses incohérences et quelques messages enchevêtrés, qu’une prise de conscience tangible peut survenir.
À l’instar du Chat de Philippe Geluck, j’ai pourtant bien du mal encore à me départir de la tristesse provoquée par la violence inouïe de ces attentats et par ces morts incompréhensibles, intolérables.

Triste encore et aussi qu’il faille un tel drame pour que nous envisagions de réfléchir à ce « vivre ensemble » qui devient si difficile.

Bien sûr, il y a eu des instants d’émotion intense à l’écoute de nombreux témoignages bouleversants et de déclarations lumineuses. De ces moments qui ne peuvent laisser personne indemne, indifférent, et qui de ce fait portent un véritable espoir.

Nous avons tous marché pour rendre hommage aux morts de Charlie Hebdo et défendre la liberté d’expression, certains faisant mine sans doute de ne pas comprendre qu’avec Charlie est revendiqué un peu plus que le droit de s’exprimer librement : il s’agit aussi de défendre le droit à l’irrévérence, souvent outrancière, à la provocation, quand bien même elle serait de « mauvais goût », de défendre la possibilité de brocarder tous les pouvoirs et tous les dépositaires d’une autorité, quelle qu’elle soit. Parmi ceux qui sont susceptibles de moqueries au titre de cette autorité, bien peu en acceptent vraiment le principe.

Nous avons défilé pour refuser la violence et le terrorisme. Un objectif largement partagé, mais qui ne dit malheureusement rien de ce que nous souhaitons collectivement mettre en place pour cela.

Bien sûr, nous sommes certainement capables ensemble de ne pas céder aux injonctions de méfiance et de repli sur soi, de défiance et protectionnisme exacerbé. Mais comment faire pour qu’il ne soit pas si facile aux extrémistes de jeter le trouble, d’entretenir les amalgames et de cultiver les simplismes ?
Dès le désastre survenu, Robert Badinter décrivait dans les colonnes de Libération le chemin qu’il faudra suivre pour éviter de nous enfoncer dans ce « piège politique que nous tendent les terroristes ». Nous n’avons pas peur, disaient certaines pancartes des marches de samedi et dimanche. Nous ferons face au terrorisme, en effet. Mais saurons-nous affronter intelligemment et ensemble l’après-attentat ? J’espère de tout cœur que nous saurons éviter le piège. L’ampleur du choc permet d’y croire, mais cela ne se fera pas sur de simples déclarations d’intention et il faudra rappeler à chacun qu’en défilant il a pris des engagements de solidarité.

Au-delà du chagrin et de la pitié s’inscrit le devoir de justice. Nous sommes assurés que les pouvoirs publics mettront tout en œuvre pour identifier et arrêter les auteurs de ces crimes. À la justice de décider de leur sort, en toute indépendance et dans le respect de l’État de Droit. Ce n’est pas par des lois et des juridictions d’exception qu’on défend la liberté contre ses ennemis. Ce serait là un piège que l’histoire a déjà tendu aux démocraties. Celles qui y ont cédé n’ont rien gagné en efficacité répressive, mais beaucoup perdu en termes de liberté et parfois d’honneur.

 
Enfin, pensons aussi en cette heure d’épreuve au piège politique que nous tendent les terroristes. Ceux qui crient « allahou akbar » au moment de tuer d’autres hommes, ceux-là trahissent par fanatisme l’idéal religieux dont ils se réclament. Ils espèrent aussi que la colère et l’indignation qui emportent la nation trouvera chez certains son expression dans un rejet et une hostilité à l’égard de tous les musulmans de France. Ainsi se creuserait le fossé qu’ils rêvent d’ouvrir entre les musulmans et les autres citoyens. Allumer la haine entre les Français, susciter par le crime la violence intercommunautaire, voilà leur dessein, au-delà de la pulsion de mort qui entraîne ces fanatiques qui tuent en invoquant Dieu. Refusons ce qui serait leur victoire. Et gardons-nous des amalgames injustes et des passions fratricides.

 
Robert Badinter

Des cerises à Noël, et autres chimères marketing des fêtes de fin d’année…

12 000 km, 10 € du kilo. Cerises, abricots et nectarines du Chili… Votre supermarché s’engage, pas tellement dans le développement durable, comme il le prétend souvent, mais dans le marketing de la fête, et de ces petites folies qui peuvent sembler tellement amusantes, « tendance » et chic… Les fruits exotiques des tables de Noël et du Nouvel An étaient il y a une ou deux générations les oranges qui venaient du sud de la France ou d’Espagne. Pour le Val de Loire, cela représentait une distance non négligeable, mais cela restait des fruits de saison sous nos tropiques. Depuis quelques années, les commerciaux font dans la surenchère exotique en faisant parcourir la moitié de la planète à des fruits qui n’ont rien de bien exotique pour nous en réalité. Doit-on s’attendre à une expérience renversante et réjouissante en dégustant une cerise, avec un décalage de quelques mois par rapport à nos habitudes et quelques degrés de moins lorsque l’on sort de chez soi ?
Tout cela serait bien anodin, s’il n’y avait derrière ces coups marketing toutes les dérives que décrit Claude-Marie Vadrot dans son livre Des fraises en hiver ; Et autres besoins inutiles de notre alimentation.

 
Vadrot couverture

Fraises d’Espagne, haricots verts du Kenya, kiwis de Nouvelle-Zélande, pommes du chili… Les fruits et les légumes perdent le nord et confondent les saisons. Avec beaucoup de produits non alimentaires, ils parcourent le monde depuis que la grande distribution a trouvé des travailleurs contraints d’accepter des salaires et des conditions de travail de misère. La recherche du profit maximum a progressivement conduit à des voyages aberrants aux conséquences écologiques désastreuses.
Ces mauvaises habitudes de la mondialisation ne correspondent pourtant pas à une « demande » des consommateurs, mais bien au concept marketing du hors-saison. Tous les exemples fournis dans ce livre montrent comment des besoins ont été créés et exploités. Et comment une pomme de terre peut être récoltée en Belgique, épluchée au Maroc, transformée en chips en Turquie avant d’être vendue aux Pays-Bas.
Ces voyages, ces gaspillages et l’exploitation des pays du Sud, nous pouvons les refuser en décidant de consommer local. L’auteur nous donne ici les recettes simples d’un retour à des assiettes ne croulant plus sous des milliers de kilomètres — périples inutiles dont nous supportons tous les coûts.

Premier vœu donc, anticipé : résistons aux pièges du marketing.

Festival de Loire : budget en crue

L’année 2015 étant une année de festival de Loire, ce sera l’un des points importants du budget 2015 voté ce soir en conseil municipal pour ce qui concerne l’événementiel. Annoncé « stable », il semble pourtant épargné par la rigueur imposée sur les attributions de subventions aux associations et structures culturelles.
Il est assez difficile de faire la part des choses entre les options de l’appel d’offres réalisées ou non, de comptabiliser les avenants éventuels et les subventions spéciales attribuées à des associations qui organisent un événement particulier à l’occasion du festival. Il est également bien difficile de chiffrer l’apport supplémentaire de la mairie d’Orléans lié à l’intervention des services municipaux pour divers aménagements de voiries, nettoyages et surveillance (lesdits services pourraient sans doute donner une estimation, mais le chiffre n’est pas public, semble-t-il).
Mais si l’on s’en tient aux crédits votés en séance du Conseil Municipal pour valider le choix effectué à l’occasion de l’Appel d’Offres, tant en ce qui concerne le rassemblement de bateaux que la conception et la réalisation des animations et autres spectacles, on constate une évolution qui ne correspond pas vraiment à l’ambiance d’économies et de retenues annoncée :

En 2009, le budget voté fut opulent, plus de 2,1 millions, à peu près à parts égales entre bateaux et spectacles. Gros effort en 2011, avec 1,7 million (976 000 euros pour les animations et une modération importante pour le rassemblement des bateaux : 710 000 euros). Nouvel effort en 2013, avec un total de crédits votés d’à peine 1,6 million d’euros (stable pour les bateaux, en baisse pour les spectacles).
Pour ce qui est de 2015, on repart à la hausse avec de nouveau 1,7 million votés (près de 1 million pour les animations et les spectacles, et 700 000 euros pour les bateaux).

Bref, la stabilité est celle d’un retour au budget de 2011. Si l’on compare à ce qui avait été voté en 2013, le budget 2015 prévoit pour le festival de Loire une augmentation d’environ 7,5 %. Soit quand même un peu plus de 110 000 euros. Si quelqu’un avait eu la drôle d’idée d’appliquer un barème de – 5 % sur la précédente édition, nous serions tombés à un budget d’environ 1,5 million d’euros, ce qui n’est pas rien tout de même et aurait permis une économie de près de 200 000 euros sur le budget 2015…
Toute la question étant de savoir s’il est possible d’organiser une belle fête avec « seulement » 1,5 million ??!! Apparemment, certains estiment que non, et que cela mettrait gravement en danger l’attractivité de la ville.
On est en droit de penser au contraire que cela est tout à fait possible surtout en tirant mieux profit des associations locales. Il est urgent de réfléchir à un Plan de prévention des risques d’inondation budgétaire du Festival de Loire qui permettra de profiter de la fête tout en conservant un peu de marge de manœuvre pour les autres propositions culturelles des 2 années à venir…

Picnic à Tchernobyl

cover_silexProgrammation de la Scène Nationale d’Orléans, puisqu’on en parle*, le clarinetiste virtuose Yom sera sur scène demain dimanche 14 décembre, pour présenter son nouvel album Le Silence de l’Exode. Virtuose de la musique klezmer, mais pas que, Yom sera ici avec Farid D. au violoncelle, Claude Tchamitchian à la contrebasse et Bijan Chemirani aux zarb, daf, bendir…
Je ne sais pas s’il reste des places, mais si c’est le cas, venez…
 

L’invitation incongrue à un pique-nique en zone dévastée date d’un précédent album, The wonder Rabbis

Album dans lequel figurait également l’un des morceaux que j’écoute volontiers en boucle

Le nouvel album est une commande du Festival d’Ile-de-France 2012. Vidéo de présentation

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* voir sur ce blog et ce même jour, Scène minimale

Scène minimale

theatre
C’était bien sûr à prévoir : le Conseil Général économise sa subvention à la Scène Nationale. Plutôt que d’amortir cette chute budgétaire, la mairie d’Orléans avait « anticipé » il y a quelques semaines en préparant un budget amplifiant la perte de ressources pour la structure. Puisque celle-ci prend en charge les frais de personnel et les frais techniques de fonctionnement du théâtre pour le compte de l’ensemble des structures utilisant les scènes des salles Vitez, Barrault ou Touchard, frais assez peu compressibles, il est bien évident que c’est la programmation artistique de la Scène Nationale qui va devoir se montrer bien moins ambitieuse.
Orléans avait ouvert la voie, le Conseil Général s’empresse de lui emboîter le pas.
Alors que va-t-on supprimer ? La danse, le cirque, les performances, les musiques diverses et variées ? L’action culturelle, pourquoi pas, puisqu’on en est là. Pourtant, dans les polémiques récentes sur l’abandon de la grande scène du festival de Jazz, dévalorisée car explicitement jugée élitiste, l’adjointe à la culture (qui démarre son mandat en fanfare) se justifiait en jurant vouloir jeter toutes ses forces dans l’amélioration de l’accès de tous les publics à la culture. La programmation artistique et l’action culturelle de la scène nationale n’apportent-elles pas une diversité favorablement complémentaire aux propositions du CDN et du CADO ?
Concrètement, c’est l’offre culturelle locale qui va considérablement s’amoindrir, et avec elle le dynamisme et le moral des acteurs culturels orléanais.

Les Scènes nationales financent des créations qui contribuent significativement à l’emploi artistique, et tout particulièrement dans le réseau des petites compagnies et des intermittents, déjà en plein désarroi quant à l’accompagnement social qu’on leur promet. Le maire d’Orléans a souvent exprimé son soutien aux intermittents. Reste à montrer concrètement que cela était sincère en modifiant en urgence, à l’occasion de la prochaine séance du conseil municipal, le budget de la ville pour 2015 : renoncer à la baisse des crédits de la Scène Nationale et compenser au contraire le retrait du Conseil Général.
Il en va ici vraiment de la diversité et du dynamisme de l’action culturelle orléanaise. Pas possible de rejouer la caricature des vedettes aux limousines et verres teintés…