Pollution atmosphérique : les grandes métropoles agissent !

Paris, Grenoble et Lyon ont fait figure de précurseurs. D’autres grandes métropoles comme Lille et Strasbourg leur ont emboîté le pas, et Bordeaux-métropole, pour citer un autre exemple, concerte d’ores et déjà sur le contour des zones où seront appliquées des restrictions de circulation (les « ZCR », zones de circulation restreinte) en cas de pics de pollution aux particules fines, à l’oxyde d’azote ou à l’ozone. Avec pour conséquence la mise en place de la vignette crit’air pour formaliser ces restrictions : seuls les véhicules peu ou non-polluants étant autorisés à circuler.

Dernier en date à en faire l’annonce pour une application dès décembre 2017 : le « Grand Annecy », qui n’a pas le statut de métropole mais pour autant ne tergiverse pas, en œuvrant de manière volontariste dans le cadre de sa responsabilité quant aux politiques de mobilité sur son territoire. Il actionne dès maintenant les leviers qui permettent de sensibiliser la population, de minimiser les émissions de polluants et donc l’exposition des personnes fragiles à un air néfaste pour la santé : « Le constat est clair et partagé par tous : il faut agir pour améliorer la qualité de notre air ! Pour notre santé et celle de nos enfants, pour la qualité de notre cadre de vie et son attractivité. »

Contrairement à ce que prétendent certains, nul besoin de se cacher derrière le petit doigt du préfet et d’attendre une initiative de sa part pour engager des mesures : depuis la loi de transition énergétique de 2015, les présidents d’agglomérations peuvent prendre les devants et proposer un plan d’action à la préfecture.
Une vingtaine de collectivités se sont de fait engagées dans cette voie en répondant positivement à l’appel à projet « Villes respirables en 5 ans » que le ministère de l’Environnement avait lancé en juin 2015, avec soutien financier à l’appui.
Le dispositif imposait de travailler à la délimitation de la fameuse zone de circulation restreinte ou de réfléchir à la gratuité des transports collectifs lors des épisodes de pics de pollution. Il semble que cela allait sensiblement trop loin pour l’agglomération orléanaise, tout à fait timorée lorsqu’il s’agit de mettre en place des mesures susceptibles de préoccuper les automobilistes. Il n’y a donc pas eu à Orléans de dossier déposé pour répondre à cet objectif de mieux respirer, contrairement à Avignon, Bordeaux, Cannes, Clermont-Ferrand, Dunkerque, Dijon, Grenoble, Lyon, Lille, Le Havre, Montpellier, Paris, Reims, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulouse… pour ne citer que les agglomérations importantes, du « club » de ces collectivités qui « comptent », auquel prétend appartenir la métropole orléanaise.

L’hiver approche, et les alertes de pollution excessive ne vont pas tarder à revenir dans l’actualité. Il s’agira en cette saison de PM 10 ou 2,5, ces « Particulate matter », particules fines en suspension, de si petite taille qu’elles pénètrent en profondeur dans les poumons. Elles peuvent provoquer des inflammations et aggraver l’état de santé des personnes sensibles (enfants et personnes âgées tout particulièrement). Elles sont par ailleurs soupçonnées de véhiculer jusque dans les poumons des composés cancérigènes absorbés sur leur surface…
Crises d’asthme, maladies respiratoires, jusqu’au décès prématuré de plusieurs milliers de personnes chaque année… Rien que ça. S’il fallait sensibiliser les moins réceptifs à l’impact humain de ce risque sur la santé, on pourrait citer l’impact économique et financier calculé en juillet 2015 par une commission d’enquête du Sénat et publié dans le rapport de la sénatrice Leila Aïchi « Pollution de l’air : le coût de l’inaction » : toutes pollutions atmosphériques confondues, au bas mot 100 milliards d’€/an en dépenses de santé, absentéisme au travail et impacts indirects… En reprenant l’évaluation de L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS), ce rapport relève par ailleurs que les efforts pour ramener, à l’échéance 2030, les émissions de polluants atmosphériques aux nouveaux plafonds proposés par l’Union européenne « pourrait induire, en France, des bénéfices sanitaires annuels de l’ordre de 17,7 milliards d’euros, pour un coût des mesures de réduction estimé à 6,4 milliards d’euros par an, soit un gain annuel net de plus de 11 milliards d’euros. »

Quoi qu’il en soit, la métropole Orléans-Val de Loire est engagée, par obligation comme toutes les collectivités de plus de 250 000 habitants, dans un PPA (Plan de Protection de l’Atmosphère) qui la conduira inévitablement à terme à établir une zone de restriction de circulation et à mettre en place les vignettes Crit’Air. Pourquoi ne pas s’y atteler dès maintenant afin de mieux sensibiliser les habitants et de préparer une transition efficace et intelligente ?
Voilà un secteur pour lequel la métropole a apparemment renoncé à la volonté de figurer parmi les 15 métropoles les plus importantes et les plus dynamiques en France. Et c’est bien dommage, car la qualité de l’air fera, fait déjà, indiscutablement partie des critères d’attractivité les plus pertinents dans les grandes villes d’aujourd’hui.

Fillon à Orléans : acharné sans doute, durable certainement pas

François Fillon revendique la stratégie du pilote de course, et entend pousser son moteur le plus loin possible. Le véhicule est un peu accidenté, il perd de l’huile, le pot d’échappement crache un épais nuage de fumée noire, au point que son équipe est asphyxiée, mais rien n’empêchera le conducteur de rester sur la piste. Un candidat durable, comme il viendra sans doute l’affirmer encore à Orléans ce soir, en évoquant le développement du même nom et en confondant comme souvent ce qui est « soutenable », c’est-à-dire ce que nous engager sans gâcher les ressources des générations futures, et ce qui consiste à croire en une croissance perpétuelle et infinie.

Le programme de François Fillon en termes d’environnement, d’énergie et d’agriculture est sans nul doute l’un des plus rétrogrades qui soient. Il y a peu de temps, interrogé sur RTL, Nicolas Hulot s’est dit « désolé » par les idées de François Fillon. « C’est dommage que quelqu’un qui visiblement est proche des milieux catholiques n’ait pas été plus inspiré par l’encyclique du pape » sur l’environnement.
Il y a 10 ans, Serge Grouard signait le pacte écologique proposé par Nicolas Hulot. Aujourd’hui le programme du candidat qu’il soutient avec entêtement propose un projet qui prône la relance du nucléaire, de la recherche sur les OGM et les gaz de schiste, qui veut, entre autres réjouissances, bannir le principe de précaution pourtant inscrit depuis 2005 dans la constitution, et mettre fin aux subventions aux énergies renouvelables…
En ce qui concerne le nucléaire, aucune allusion bien sûr aux risques d’accident, à la nécessité d’importer l’uranium, ressource qui n’est pas inépuisable, au traitement des déchets, et au coût financier qui explose. Pour Nicolas Hulot : « Les faits sont là, et notamment d’un point de vue économique c’est un mode de production énergétique qui nous emmène dans des dérives financières absolument terrifiantes ».
En libéral farouche, rejoignant la logique et le discours de Trump aux États-Unis, Fillon conspue « l’overdose normative » et veut exonérer nos entreprises des normes qui les « pénalisent ». Jusqu’à mettre en cause le principe de précaution en cas de risque sur l’environnement. « Revenir en arrière serait une régression » souligne à ce sujet Nicolas Hulot.
Bref, une lignée qui laisse envisager les pires dérives. Nous écouterons les annonces faites à Orléans ce soir, mais si elles sont dans la même veine, le pour-toujours candidat Fillon restera le très mauvais élève de la protection de l’environnement.

Dans cette campagne présidentielle, François Fillon s’est disqualifié tout seul, et Serge Grouard ne sera pas ministre du Développement durable. Et c’est tant mieux : il aurait dû appliquer un programme, coordonné par lui-même dit-on, qui n’a rien de soutenable.

Une soirée comme une autre : pollution forte !

Les conditions climatiques ce soir sont assez habituelles, rien dans les médias n’attirera notre attention sur la pollution de l’air que nous respirons. Pourtant, si l’on consulte Plume Labs, petite application sur smartphone, et son « Plume Air Report » ciblé sur la ville d’Orléans, mieux vaudra en soirée ne pas forcer en pratiquant un sport de plein air, ni en faisant du vélo, mieux vaudra aussi éviter d’exposer son bébé à l’air urbain ! Pollution forte, indice 66 pour les particules fines PM2.5 (35 en moyenne annuelle, et nous étions aux alentours du 20 janvier dernier à près de 100). Quels sont les risques, nous dit Plume à propos de ces particules : « Elles sont la cause de nombreuses allergies nasales. S’y exposer est un facteur de risque de maladies cardiovasculaires et respiratoires, et de cancer du poumon. »

Il y a dans cette application, qui s’appuie sur les données de Lig’Air, de nombreuses autres explications sur les polluants de l’air et sur les pics de pollution. Pas de quoi se rassurer, mais sans doute de se décider à ne pas attendre les bras croisés les prochaines alertes des agences de santé et des pouvoirs publics nous enjoignant de nous calfeutrer chez nous en évoquant les 48 000 morts prématurées chaque année en France.

La pollution atmosphérique devient une maladie chronique de nos villes. Comme s’il fallait s’habituer à éviter d’aller se promener avec un bébé, à ne pas pouvoir aller faire un footing ou une balade sportive à vélo… Comme s’il devenait banal de conseiller à des personnes âgées de rester chez elles et de ne pas faire d’effort ! Attention aux beaux jours : pour reprendre la formule d’Éloi Laurent, désormais, quand il fait beau, il fait sale !

La préfecture du Loiret a imposé, lors du dernier pic de pollution, de limiter la vitesse de 20 km/h sur les grands axes. Si l’on en croît le reportage diffusé sur France bleu Orléans à l’époque, tout cela ne semble pas préoccuper grand monde (Reportage sur les routes du Loiret : « la pollution ? On s’en fout ! »). Pourtant, Christian Braux, le vice-président d’Orléans Métropole en charge de l’environnement y déclarait prendre les choses au sérieux. « Mais la circulation alternée, c’est une mesure qui ne peut être décidée que par le préfet du Loiret. »
Faux.
Depuis le 17 août 2015, la loi dite de « transition énergétique » stipule que « pour lutter contre la pollution atmosphérique, des zones à circulation restreinte peuvent être créées dans les agglomérations (…) par le maire ou par le président [de l’agglomération] lorsque celui-ci dispose du pouvoir de police de la circulation, sur tout ou partie du territoire de la commune ou [de l’agglomération]. » Un arrêté peut déterminer les mesures de restriction de circulation applicables et les catégories de véhicules concernés. Il convient bien sûr de discuter de tout cela avec le préfet et le président du Département pour ce qui concerne les axes dont le Département à la responsabilité, mais c’est tout à fait possible. C’est ainsi que Grenoble a procédé pour mettre en place lors des pics de pollution de janvier une série de mesures issues d’un protocole d’accord partenarial sur les pics de pollution de l’air signé notamment avec l’État et le syndicat mixte des transports en commun.

Nous avons donc désormais les outils pour anticiper ces situations qui risqueraient de devenir notre quotidien.
Crit’air, pour agir en urgence, mais aussi et surtout une sensibilisation aux alternatives qui donneront à chacun une solution de repli intéressante pour éviter d’utiliser sa voiture : gratuité des transports collectifs, soutien volontariste aux Plans de Déplacement Entreprise et à l’application de l’Indemnité Kilométrique Vélo, idées pour avantager le covoiturage…
Et bien sûr favoriser enfin véritablement le vélo, comme on le claironne officiellement depuis longtemps dans le PDU (plan de déplacements urbains) ou dans le PPA (Plan de Protection de l’Atmosphère), selon de belles paroles qui restent souvent de simples vœux pieux.
Les résultats dévoilés récemment par l’Insee montrent que la part des déplacements vélo pour le travail dans notre métropole est malheureusement très en deçà de celle de Strasbourg bien sûr, mais aussi de Tours ou d’Angers, ce qui est préoccupant. Progresser sur ce terrain, c’est grignoter petit à petit sur les émissions polluantes dans nos rues, et gagner pour notre santé.

Elle n’existe pas, mais il faudrait l’inventer : la vignette Crit’air bleu ciel, zéro pollution, pour les vélos !

Soit dit en passant, et puisque la question est souvent posée de savoir s’il est bien raisonnable d’enfourcher son vélo en respirant un air vicié, toutes les infos les plus sérieuses concordent : il ne faut pas faire de gros efforts en pédalant mode sportif en compétition, mais utiliser une voiture ne fait qu’aggraver les choses y compris pour soi-même. Dans l’habitacle fermé d’une voiture, l’exposition aux polluants est beaucoup plus forte !
Plume cite à ce sujet une étude menée en Angleterre : « en voiture, l’on s’expose à plus du double de la pollution de l’air que respire un piéton… et plus de huit fois la dose de pollution que subit un cycliste ! »

Au fait, au volant de votre voiture, plutôt que de vous agacer lorsque un.e cycliste encombre « votre » route, remerciez-la ou remerciez-le : en se déplaçant à vélo, le ou la cycliste protège non seulement sa propre santé, mais aussi celles de 2 autres personnes ! Dans son édito du Monde du 30-31 octobre 2016, « Pédalez sans crainte », Stéphane Foucart mentionnait les calculs de chercheurs néerlandais :

La réduction de mortalité ne profite pas seulement aux cyclistes nouvellement convertis : la pollution et les accidents de la route évités entraînent une baisse de mortalité pour l’ensemble de la population. Schématiquement, un individu renonçant à sa voiture pour parcourir chaque jour une douzaine de kilomètres à vélo offre gracieusement à environ deux autres personnes le même gain moyen d’espérance de vie qu’il s’est octroyé en changeant ses habitudes.

Le festival de Loire 2015 pourrait-il être labellisé « COP 21 » ?

cop21-label_reduit_1On connaît la propension de la ville d’Orléans à affirmer son exemplarité et son statut de précurseur en ce qui concerne le développement durable. Avec plus de 600 000 visiteurs revendiqués sur un festival mettant en valeur un fleuve que l’on se complaît souvent à présenter comme le dernier grand fleuve sauvage d’Europe, qui plus est classé au patrimoine mondial de l’Unesco, la moindre des choses est bien évidemment de se préoccuper de l’impact environnemental de l’événement.

En 2013, l’organisation du festival de Loire avait mis en place quelques éléments de gestion du tri, « coachs déchets » présents aux côtés des festivaliers, gobelets consignés, et annoncé la compensation carbone du transport par convois de camions des nombreux bateaux (le plus efficace serait sans doute de l’éviter autant que possible plutôt que de le compenser, mais bon…).

Pourtant aujourd’hui, gobelets et doubles-poubelles sur le site, dont les consignes de tri sont assez mal respectées par ailleurs…, tout cela semble bien insuffisant, surtout au vu de ce qui se passe sur le terrain en matière de restauration, de consommation énergétique ou de gestion de l’eau…

 
En 2015, année charnière qui voit la France incarner, avec la présidence de la COP 21 (21e conférence sur le changement climatique), la nécessité de mesures exceptionnelles pour enrayer la hausse globale des températures atmosphériques redoutée par les climatologues, on ne peut douter qu’un tournant décisif sera pris pour cette édition et les suivantes du festival de Loire.

Pour l’heure, le dossier de presse 2015 n’évoque absolument rien à ce sujet.
Tout reste donc ouvert, et l’on conseillera vivement à Stéphanie Anton et Yves Dupont (nouvelle et ancien adjoints au développement durable de la ville d’Orléans, le dernier cité étant devenu depuis Conseiller spécial sur le Festival de Loire) de mettre en place une charte analogue à celle établie pour le festival musical We Love Green dans le parc parisien de Bagatelle.
Cette charte trace une voie tout à fait remarquable d’éco-conception et d’éco-responsabilité, en impliquant l’ensemble des partenaires (acteurs de l’économie circulaire & solidaire, associations et institutions) dans le développement de solutions pratiques et innovantes.

 
Quelques extraits de cette charte We love green, pour souligner le chemin que doit encore parcourir le festival de Loire : système de distribution gratuite d’eau de la ville, mise en place de toilettes sèches, 90 % de fournisseurs locaux en restauration bio, locale et de saison, surplus alimentaire redistribué à des associations, récupération des huiles utilisées par les restaurateurs, 100 % de la vaisselle compostable et compostée, 100 % de l’éclairage de la scène principale générée par énergie photovoltaïque (panneaux solaires), 100 % du festival en énergie renouvelable, pas de bouteilles en plastique sur site, bâches du festival en plastiques recyclés, scénographie en mobilier recyclé ou prêté par Emmaüs, 650 palettes et cagettes transformées en signalétique et mobilier, navettes hybrides pour le transport des festivaliers, partenariat avec Velib et vestiaire à vélo, choix de prestataires spécifiques au nom de leur démarche responsable… et sensibilisation du public par le biais de conférences et tables rondes avec des intervenants internationaux, des militants pionniers et de jeunes acteurs du changement français afin de donner une nouvelle vision et des perspectives concrètes.

 
Pour la Loire naturelle et la préservation de la biodiversité, pour la cohérence dans le discours sur le dérèglement climatique, mais aussi pour passer un message fort à quelques semaines de l’ouverture de la COP21, adopter une telle charte serait un très beau symbole.

Mal de mer

Animation par Olivier Gingras – site www.oliviergingras.com
Musique « Marée noire » de Noem – site www.noem.ca

Merci à Un Monde à l’An Vert, association orléanaise luttant contre le « littering » (abandon de déchets sur la voie publique), d’attirer notre attention sur de telles petites pépites graphiques et sur l’importance de se mobiliser contre le gaspillage, le suremballage, et cette pollution quotidienne qui souille notre espace commun.
http://unmondealanvert.com/
facebook.com/unmondealanvert

Le petit geste qui tue

« Chaque année 6 400 000 tonnes de déchets sont déversées dans les mers et les océans. 1 million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins sont tués par des déchets. »
Petit message ministériel avisé : « L’important, c’est de ne pas participer »…

La rue semble être pour beaucoup un espace-poubelle, où l’on peut jeter mégots, papiers, sans que cela ait la moindre importance. Comme s’il était absolument sans intérêt que notre espace commun soit agréable. Curieux.
J’ai aussi le souvenir récent d’une grande manifestation solennelle et républicaine, que certains ont cru bon de symboliser par un lâcher de ballons bleu-blanc-rouge, déchets volants dont on ne se préoccupera pas, puisqu’ils finiront leur course très loin de nous.

On sait bien pourtant que tout cela aboutit dans les cours d’eau et au final en mer, et notamment dans ce fameux « 7e continent », vortex de courants marins accumulant les déchets plastiques qui polluent les océans et tuent les animaux marins. 8e, 9e, 10e continent… puisqu’en réalité il existe au moins 5 grands « gyres » océaniques à la surface des mers du globe, dont le plus célèbre est celui du Pacifique Nord.
Mais tout cela est trop distant pour que l’on en prenne réellement conscience. Alors que faut-il faire ? Arrêter de nettoyer les rues, pour que chacun se rende compte de l’amoncellement très, très rapidement insupportable de ces petits déchets qui paraissent insignifiants ?

Journée mondiale des zones humides 2015 : « Les zones humides pour notre avenir »

JMZH Journée Mondiale des Zones Humides
JMZH, Journée mondiale des zones humides, célébrée chaque année le 2 février pour commémorer la convention internationale sur les zones humides signée le 2 février 1971 dans la ville iranienne de Ramsar, au bord de la mer Caspienne. L’occasion pour divers organismes nationaux et associations locales de proposer des actions de sensibilisation aux enjeux de la protection de ces zones humides, à l’origine de toute la biodiversité, menacées par l’artificialisation des sols et la pollution.

 
Peu de chose au programme dans le Loiret… 2 rendez-vous intéressants à noter tout de même :

 
• Le 6 Février 2015, au Muséum des Sciences Naturelles d’Orléans, une conférence donnée par Bertrand Sajaloli sur la littérature et zones humides : faut-il se méfier de l’eau qui dort?

Bertrand Sajaloli est Maître de conférence à l´Université d´Orléans et membre du Groupe d´Histoire des Zones Humides

• Le 16 Février 2015, à l’Université d’Orléans (Rendez-vous donné lors de l’inscription), L’eau : enjeu majeur du 21ème siècle
Un regard actualisé proposé par l’Association des Masters Geogram d’Orléans.
Réservation obligatoire avant le 6 Février 2015 – E-mail : amgo.univ@gmail.com

 

Lettre du Hérisson

lettreherisson

Numéro 255 de la lettre de France Nature Environnement, avec notamment, page 4, un hommage à Rémi Fraisse

En mémoire de Rémi
Rémi Fraisse, 21 ans, adhérent à Nature Midi-Pyrénées, association affiliée à FNE Midi-Pyrénées et France Nature Environnement, a été tué dans la nuit du 25 au 26 octobre, en marge de la manifestation citoyenne contre le barrage de Sivens, dans le Tarn.
Actif au sein du groupe botanique de Nature Midi-Pyrénées, il suivait la flore protégée en Haute-Garonne et en particulier
la Renoncule à feuille d’ophioglosse. Témoignage et hommage.

Un Pinocchio d’honneur à Xavier Beulin, pour l’ensemble de son œuvre

Les Amis de la Terre ont décerné il y a quelques jours les 7e prix Pinocchio du développement durable, afin de distinguer les entreprises qui mènent les campagnes de communication les plus trompeuses, qui surexploitent et détruisent les ressources naturelles, ou encore qui déploient des trésors d’imagination pour affaiblir ou contourner les normes environnementales et sociales existantes. De bien convaincants lauréats cette année encore, d’ardents défenseurs d’un certain type de développement, où la « durabilité » se mesure surtout en termes d’emprise sur le marché international.
Alors que vient de s’achever à Orléans l’Open Agrifood, dont l’objectif annoncé était de « définir et imposer le modèle alimentaire des générations futures et s’appuyer sur une agriculture et une industrie de transformation modernes et compétitives, que seule une synergie fructueuse permettra d’atteindre », c’est toujours et encore là aussi la « Responsabilité Sociale et environnementale » des entreprises qui a été invoquée pour apporter des solutions « originales et inventives » au développement de l’agriculture française et de la filière de distribution. Il n’aura été question que de solutions vertueuses aux défis environnementaux et sociaux, avec au demeurant quelques personnalités passionnantes à la tribune.
L’Open agrifood affirme vouloir mettre en œuvre une véritable collaboration entre tous les acteurs économiques de la chaîne alimentaire, en dépassant clivages et oppositions trop souvent invoquées pour justifier des postures passives voire passéistes… Il convient de devenir modernes et compétitifs. Au diable les rapports de force qui émaillent les relations entre producteurs et distributeurs, par exemple, l’innovation et la technologie vont nous sauver.
Là où cela se gâte, comme toujours, c’est lorsqu’il faut aborder les enjeux financiers, la compétition des entreprises, le partage de la valeur sur l’ensemble de la chaîne. Alors la façon d’envisager les choses devient moins partagée, les acteurs sur les marchés n’ayant pas tout à fait la même perception des « grands équilibres mondiaux » (et de la survie des grands groupes français de la filière).
Là où cela se gâte, comme toujours, c’est lorsque l’on confie la présidence de ce grand forum à Xavier Beulin, dont le parcours et les multiples déclarations comme chef d’entreprise et comme responsable syndical donnent une tonalité quelque peu partisane aux débats. Haro sur les normes et les écologistes, sur les contraintes et la réglementation. Libérons l’ingénierie et les modifications génétiques des « produits » agricoles pour conquérir marchés mondiaux. Les circuits courts, la proximité, la saisonnalité, le terroir, les petites exploitations… tout cela n’est pas à l’échelle des ambitions d’un entrepreneur qui croît avant tout au progrès technologique.

Pour cette énième présidence, et pour tout l’habillage « responsable » de l’événement Open Agrifood, je proposerais volontiers aux Amis de la Terre d’envisager avec attention la candidature de Xavier Beulin aux prix Pinocchio de 2015. Il mérite amplement selon moi un prix d’honneur, pour l’ensemble de ses déclarations et ses multiples casquettes, qui, comme celle de Sofiproteol, affiche fièrement son « engagement durable ». Tout en avouant benoîtement qu’il s’agit avant tout de « créer durablement de la valeur ». Reste à savoir si c’est une valeur que nous pouvons partager…

Notre Dame des Landes 5 & 6 juillet : l’abandon, c’est maintenant !

ACIPA_AFFICHE_5-6-juillet_2014logoFBconvergencesLe rassemblement 2014 à Notre Dame des Landes qui aura lieu ce week-end, 5 et 6 juillet, a connecté la lutte contre l’aéroport avec de nombreuses autres luttes contre les « GPII », grands projets inutiles et imposés, partout en France.
Un vaste réseau de « convergences » dont l’un des multiples trajets, parti de Bure dans le cadre de la campagne BURE 365 contre un centre d’enfouissement de déchets radioactifs, a fait étape le 26 juin dernier sur le site de la Bissonnerie, à Saint-Jean de Braye, où l’association Mardiéval et le collectif « pour un site préservé entre Loire et forêt », ont eu l’occasion de mobiliser contre quelques exemples emblématiques de GPII orléanais : le projet de grande surface commerciale sur 16,5 ha à l’entrée est de l’agglomération orléanaise, mais aussi 3 dossiers de ponts pour le franchissement de la Loire qui menacent toujours le val de Loire, patrimoine mondial de l’humanité, zone Natura 2000, et sa biodiversité.

Le week-end à Notre Dame des Landes (site : www.notredamedeslandes2014.org), dont le mot d’ordre est d’obtenir l’abandon définitif du projet, propose un programme copieux de forums, débats, concerts, projections de films, spectacles enfants et occupation du ciel par une multitude de cerfs-volants et de montgolfières, dont vous pourrez voir le détail en consultant ce document : Programmation Forums-Débats NDL2014.