La métropole, mais pas pour de mauvaises raisons

À l’inverse de certains élus tourangeaux, la majorité orléanaise saura-t-elle résister aux inspirations belliqueuses pour défendre les avantages du statut de métropole ? Le conseil municipal de Tours a validé samedi dernier la transformation de la communauté urbaine en métropole, et si l’on en croit le compte rendu d’Olivier Collet pour infos-tours.fr, cela a donné l’occasion à Xavier Dateu et Sophie Auconie de témoigner de leur état d’esprit :

(…) ce virage vers Tours Métropole Val de Loire ne signifie pas pour autant que tous les problèmes sont résolus : « on ne va pas se voiler la face, on est toujours en compétition » a souligné l’adjoint au maire Xavier Dateu sur la même ligne que sa collègue Sophie Auconie qui a réactivé la guéguerre Tours-Orléans : « il faut faire en sorte que les entreprises comme Amazon ne choisissent pas Orléans mais Tours. » Alors qu’Orléans va aussi devenir métropole et que la région espérait que ce statut décroché par les deux grandes villes du Val de Loire allaient les rapprocher, on vient de faire la démonstration que ce n’était pas prêt d’être gagné…

 
Espérons que nous n’aurons pas le même type de remarques sur les bancs du conseil municipal d’Orléans. Cela reste une crainte, tant la conception de certains reste axée sur le « contexte de renforcement de l’intercommunalité et de compétition entre les territoires ». La ligne de démarcation n’est pas toujours bien précise entre compétition et concurrence, et l’affrontement l’emporte souvent sur la complémentarité, le duel sur le travail en commun. Que le meilleur gagne ! … et malheur au perdant bien sûr.

En envisageant les collectivités territoriales comme des entreprises dans un univers concurrentiel, on en oublie parfois l’absurdité qu’il y aurait à ce que la métropole orléanaise se développe dans la prospérité s’il s’agit que dans le même temps les tourangeaux éprouvent les pires difficultés parce que l’activité se concentrerait sur Orléans. Ou inversement. Tours et Orléans continueront probablement à s’affronter, pour le prestige du « rayonnement » régional, avec tous les dégâts collatéraux que cela peut induire, mais cette préoccupation doit par ailleurs être avant tout prise en considération au regard de la dévitalisation des villes moyennes et petites de la région, qui souvent font les frais de ces combats de territoires destinés à accaparer le développement économique. Pourtant, quel sens cela a-t-il qu’Orléans ou Tours se portent bien si c’est au détriment des communes moyennes de leurs bassins de vie ?

L’échelle de la métropole peut s’avérer extrêmement pertinente pour la gestion de certaines politiques publiques comme l’eau potable, les déplacements (et l’urbanisme de manière générale) ou la préservation de la biodiversité. Mais y compris sur ces sujets, s’il n’y a pas de concertation constructive avec l’échelon régional pour une action équilibrée sur l’ensemble du territoire, alors les efforts, aussi combatifs soient-ils, seront vains. Pas pour tous bien sûr, mais assurément pour une majeure partie de la population qui n’aura pas la chance de pouvoir rejoindre le grand vainqueur de la compétition territoriale.

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