Asphyxie des villes : enquête de culpabilité

Olivier Razemon a parcouru les rues d’Orléans en septembre 2014, venu présenter son livre « Le pouvoir de la pédale » à l’occasion du premier Parking Day. Il revient dès ce vendredi à la faveur de la journée « sauvons nos villes, sauvons nos sols ! » organisée samedi 11 mars par SPLF45 sur le site en périphérie de Saint-Jean de Braye menacé par l’implantation d’une grande zone commerciale dédiée aux sports.
Avant le débat « Ville meurtrie, promesses d’emplois non tenues : pourquoi et comment stopper l’extension des zones commerciales ? », demain samedi à 17 h 30, Olivier Razemon présentera son nouvel ouvrage « Comment la France a tué ses villes » à la Librairie Nouvelle ce 10 mars à 18 h 30. Spécialiste « impatient » de la mobilité quotidienne, il nous avait expliqué comment le vélo pouvait sauver nos sociétés cabossées. Dans ce nouvel ouvrage, il décrypte le phénomène de dévitalisation qui touche de très nombreuses villes moyennes. L’éclairage et le point de vue changent, mais c’est encore l’étalement urbain et l’usage quasi-exclusif de la voiture qui est interrogé, par révélation des maux qu’ils provoquent sur notre société, sur notre qualité de vie ensemble.

La place de la voiture dans la conception de notre urbanisme, et la mise en cause de l’idée reçue que ce mode de déplacement envahissant serait indispensable à la vitalité commerciale du centre-ville, l’idée inverse de la nécessité de « pacifier » les déplacements en hypercentre pour aménager un espace agréable à vivre, favorable à la flânerie et aux commerces. Une réflexion à accompagner bien sûr de la mise en cause définitive du développement de l’urbanisme commercial en périphérie des villes qui a prévalu ces dernières décennies, décisions de stratégies offensives de la grande distribution, généralement soutenues par les pouvoirs publics locaux.

Quelques membres du collectif Vélorution orléanaise ont eu l’occasion de rencontrer récemment Élisa Pinault, présidente de l’association de commerçants « les vitrines d’Orléans », pour évoquer de façon pour le moment très informelle les difficultés d’accès au centre d’Orléans. Le constat est partagé : tant cyclistes que commerçant du centre-ville souhaitent la vitalité du « cœur de ville ». C’est là que les premiers font leurs courses (et non bien sûr dans les centres commerciaux de périphérie, absolument pas adaptés et accueillants pour les déplacements à vélo), et que les seconds veulent attirer la clientèle.
La discussion est à poursuivre, car la vision de la place de la voiture dans ce paysage urbain n’est pour le moment pas particulièrement en phase. Paradoxalement dirais-je, puisque l’on peut argumenter, en suivant Olivier Razemon notamment, que l’intérêt des commerçants de centre-ville est précisément d’en finir avec « le royaume de la voiture immobile ».
Le dialogue pour trouver des solutions se poursuivra entre commerçants, cyclistes et piétons. Dans l’attente, Vitrines d’Orléans et Élisa Pinault, venez débattre ce soir avec Olivier Razemon. Il connaît, pour y avoir travaillé depuis plusieurs années, le sujet en profondeur, et les échanges que vous pourrez avoir apporteront certainement une meilleure compréhension face à cet enjeu majeur pour notre façon de vivre la ville.

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