Orléanocide : assassinat de festival orléanais dans un bureau fermé de l’intérieur

Les décisions de politique culturelle orléanaise se suivent et se ressemblent, abruptes et unilatérales. Sous forme d’annonces dans la presse, autant pour la fin d’un événement que pour la création d’un autre. Aujourd’hui, c’est Orléanoïde qui meurt poignardé, dans un revirement inattendu, après de nombreuses annonces quant à une orientation marquée sur le numérique et l’innovation. Mais si le Lab’O a le vent en poupe, c’est pour communiquer sur les startups high-tech et le e-commerce, et personne ne semble décidément comprendre ce qui est pourtant une évidence ailleurs : c’est dans le brassage et le métissage, dans la confrontation avec les artistes – entre autres – que les idées novatrices naissent.
Lorsqu’a lieu un « startup week-end », les spécialistes se rengorgent d’une innovation permise par les rencontres fortuites, ce que l’on nomme pompeusement la sérendipité, pour s’émerveiller de ce que les créatifs peuvent apporter aux entreprises du numérique.
Mais lorsqu’il s’agit d’ouvrir les portes du Lab’O ou de confirmer son soutien à un festival comme Orléanoïde, toutes ces belles intentions sont vite oubliées.

Il y a à peine plus d’un an, fin 2014, Nathalie Kerrien, adjointe à la culture, déjà dans la polémique et les incertitudes sur ce qui serait conservé des événements culturels orléanais, réaffirmait son intention de prolonger les « assises de la culture » tenues en 2013. « Et je compte bien également en organiser de façon régulière, de façon à rester en contact permanent avec les attentes des artistes et des créateurs orléanais ». C’était même, surenchérissait Serge Grouard, alors encore maire, une « idée fixe ».
Une idée bien vite oubliée pourtant.

Qu’importe si certaines propositions d’un festival déçoivent les uns ou les autres, il faut du temps et de la concertation pour qu’une manifestation puisse tâtonner, inventer, surprendre, et s’installer.
On nous annonce un nouveau festival, les « voix d’Orléans », concocté manifestement dans le plus grand secret de bureaux aux portes verrouillées de l’intérieur. Combien de temps aura-t-il sa chance, et comment imaginer, s’il n’a pas été porté par une implication aussi large que possible des acteurs culturels et des publics dans toute leur diversité, qu’il puisse démarrer sur de bonnes « assises » ?

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