Scène minimale

theatre
C’était bien sûr à prévoir : le Conseil Général économise sa subvention à la Scène Nationale. Plutôt que d’amortir cette chute budgétaire, la mairie d’Orléans avait « anticipé » il y a quelques semaines en préparant un budget amplifiant la perte de ressources pour la structure. Puisque celle-ci prend en charge les frais de personnel et les frais techniques de fonctionnement du théâtre pour le compte de l’ensemble des structures utilisant les scènes des salles Vitez, Barrault ou Touchard, frais assez peu compressibles, il est bien évident que c’est la programmation artistique de la Scène Nationale qui va devoir se montrer bien moins ambitieuse.
Orléans avait ouvert la voie, le Conseil Général s’empresse de lui emboîter le pas.
Alors que va-t-on supprimer ? La danse, le cirque, les performances, les musiques diverses et variées ? L’action culturelle, pourquoi pas, puisqu’on en est là. Pourtant, dans les polémiques récentes sur l’abandon de la grande scène du festival de Jazz, dévalorisée car explicitement jugée élitiste, l’adjointe à la culture (qui démarre son mandat en fanfare) se justifiait en jurant vouloir jeter toutes ses forces dans l’amélioration de l’accès de tous les publics à la culture. La programmation artistique et l’action culturelle de la scène nationale n’apportent-elles pas une diversité favorablement complémentaire aux propositions du CDN et du CADO ?
Concrètement, c’est l’offre culturelle locale qui va considérablement s’amoindrir, et avec elle le dynamisme et le moral des acteurs culturels orléanais.

Les Scènes nationales financent des créations qui contribuent significativement à l’emploi artistique, et tout particulièrement dans le réseau des petites compagnies et des intermittents, déjà en plein désarroi quant à l’accompagnement social qu’on leur promet. Le maire d’Orléans a souvent exprimé son soutien aux intermittents. Reste à montrer concrètement que cela était sincère en modifiant en urgence, à l’occasion de la prochaine séance du conseil municipal, le budget de la ville pour 2015 : renoncer à la baisse des crédits de la Scène Nationale et compenser au contraire le retrait du Conseil Général.
Il en va ici vraiment de la diversité et du dynamisme de l’action culturelle orléanaise. Pas possible de rejouer la caricature des vedettes aux limousines et verres teintés…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*
Website