Réenchanter le monde : l’architecture et la ville face aux grandes transitions

Réenchanter le monde / Architectures, ville, transitionsOuverture demain à la Cité de l’architecture et du patrimoine (Paris, Place du Trocadéro – Palais de Chaillot) d’une « exposition-manifeste sur l’avenir du monde habité », conçue avec les architectes lauréats du « Global Award for Sustainable Architecture ». Une interrogation et des réalisations concrètes, par des architectes et des urbanistes, quant aux transitions urbaines, écologiques, démographiques, économiques, énergétiques qui s’effectuent en ce moment, sous nos yeux, et dont le pouvoir politique ne semble pas encore prendre la mesure, en tout cas à la hauteur des enjeux.

« Au fil des années, ces architectes ont formé et animent une scène de recherche et de mise en question, reconnue dans le débat mondial sur les grandes transitions et leur effet sur la condition des hommes. (…) Du premier ébranlement de 1974 à la crise systémique de 2008, ce ne sont pas de simples secousses qui ont freiné le cours des choses mais une rupture d’ampleur qui s’est produite. Elle sépare un siècle qui fonda sa vision du progrès sur l’exploitation de ressources pensées inépuisables, d’un XXIe siècle qui doit d’abord se demander de quel « progrès » nous avons besoin, pour rechercher des alternatives. »

Nul doute que le politique doit s’enrichir de ces initiatives architecturales et philosophiques qui prennent toute leur place dans le « débat sur la conduite du monde, qui renoue avec les sciences et la recherche, qui lutte pied à pied contre les forces de la destruction des ressources, des sociétés, des cultures. »
« Les projets urbains les plus intelligents, ces dernières années, viennent d’Amérique latine : ils équilibrent interventions planifiées et initiatives communautaires, constructions formelles et spontanées, incluent les réseaux sociaux et l’économie informelle pour faire émerger de nouvelles formes d’urbanisme, libérées de la logique néolibérale. Les réponses les plus intéressantes à la crise mondiale de l’urbanisation viennent des conditions de rareté, pas d’abondance. »
Il y a donc, grâce à ces architectes qui inventent l’habitat de demain, un espoir de renouveler l’urbain en améliorant les conditions de vie humaine et en pérennisant nos ressources vitales, biens communs de l’humanité. Il faut absolument aller voir ça de plus près. Dans une ville comme Orléans où malgré les grands discours la mise en place d’un écoquartier ne suscite pas un engagement bien tangible, il faut absolument que nos élus en charge de l’urbanisme et nos promoteurs immobiliers locaux aillent découvrir cet espoir. Et s’en inspirent pour réorienter sans tarder les projets de développement urbain.

Institut de recherche sur la forêt et la nature-IBN Stefan Behnisch, Wageningen, Pays-Bas

Institut de recherche sur la forêt et la nature-IBN Stefan Behnisch, Wageningen, Pays-Bas (1993 – 1998) Maître d’ouvrage : Ministry of Housing and Agriculture in the Netherlands
© Jana Revedin

Au XXIe siècle, c’est la crise des ressources qui atteint partout au même moment les sociétés, quel que soit leur niveau de développement.
Les trains des transitions – urbaine, énergétique, démographique – partent de partout à la même heure vers l’objectif d’un développement soutenable mais ils n’emploient pas cette fois les mêmes voies car ils n’ont pas les mêmes moyens.

Une autre architecture émerge ainsi, extrêmement diverse et dans de très nombreux foyers de création. Mais cette scène reste encore peu visible, peu reconnue car elle se tient à l’écart du monde économique dominant et de ses réseaux de communication.
Le Global Award for Sustainable Architecture a été créé en 2007 par l’architecte et professeure Jana Revedin. Il repère et réunit des architectes qui contribuent à la recherche d’une nouvelle définition du progrès, d’une relation d’équilibre entre l’homme et son milieu, et qui ont construit, là où ils sont, une démarche innovante et participative pour répondre aux besoins des sociétés. Il soutient une compréhension du projet d’architecture comme processus collectif, basé sur le partage d’une éthique, de méthodes et d’expérimentations.
Un think tank qui devient un do tank.

Le fonds LOCUS porte le prix, assure son indépendance scientifique. Il soutient la transmission des savoirs et des théories élaborés par ces architectes dans le monde de l’enseignement et de la recherche. Il mène avec les architectes lauréats des projets expérimentaux de renouvellement urbain.
La Cité de l’architecture & du patrimoine accompagne le prix et assure sa valorisation culturelle. Elle accueille le symposium annuel, expose et publie les travaux des architectes, fait connaître leurs propositions dans le débat mondial, au sein d’un réseau d’institutions scientifiques et universitaires partenaires.

Le mouvement initié depuis 2007 a permis au Global Award d’être reconnu aujourd’hui comme un fédérateur du débat sur l’éthique de l’architecture contemporaine.

Résorption d’un bidonville au Chili

Résorption d’un bidonville de 100 familles Alejandro Aravena, Elemental, Iquique, Chili, 2004
Maîtres d’ouvrage : Chile BarrioComité d’habitants : Comite de vivienda de Quinta Monroy
© Elemental Chile

Pole Oenotouristique

Pôle oenotouristique
Philippe Madec, Saint-Christol, France 2013
Maître d’ouvrage : Communauté de communes du Pays de Lunel
© Pierre-Yves Brunaud

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